Jazz, rock, swing, voix chaloupée, côté rétro et, en même temps, tellement avant-garde. Absynthe Minded réussi un mélange que seule leur histoire respective leur permet. Renaud a une formation jazz (tzigane et klezmer, tient-il a préciser) comme Jakob Nachtergaele, alors que Bert ne connaissait pas le jazz avant de rencontrer les membres de son groupe. « Enfin j'en avais déjà entendu parler » corrige Bert. « Mon oncle m'avait prévenu que quand on écoute du blues, on finit avec le jazz. »
Absynthe Minded s'est fait connaître en hexagone avec Introducing en 2008, un album qui réunit 13 titres de leur 3 albums. Selon Renaud, « on ne peut pas encore dire que c'est le wouwawawawaw » avec le public français, « mais il est curieux et il a faim de plus ». En parlant de faim, Bert semble affamé. Pendant toute l'interview, il grignote des chips et des olives.
Si en France ils sont encore de petits nouveaux sur la scène rock, en Belgique, le succès leur sourit déjà depuis quelques années. « On est des superstars » s'exclament en cœur Bert et Renaud. On remplit des salles « jusqu'au plafond ». Il est vrai qu'Absynthe Minded a remporté quatre Music Industry Awards, l'équivalent de nos Victoires de la musique (dont meilleur disque, meilleur groupe et meilleur single) et que My heroics part one, la chanson qui a marqué le début de leur succès, est considéré par Radio Brussel (la radio flamande ayant la plus grosse part de marché sur les 15-35 ans) comme la meilleur chanson de la décennie.
Pour Absynthe Minded (l'album), Absynthe Minded (le groupe) a travaillé avec Jean Lamoot, le producteur de Noir Désir, Alain Bashung, Etienne Daho, Arthur H, que des grosses pointures, en somme. « C'est ce genre de personne dont on a besoin parce que notre style est très divers. Il faut un manitou qui tire une surprise de son sac et qui fait quelque chose de magique. Et ça, Jean, il sait faire! » L'alchimie entre le groupe et le producteur semble fonctionner. L'album est tantôt léger, tantôt profond. Il alterne un jazz à la Harry Connick Jr avec un pop-rock teinté Beatles.
Quand on leur dit que certains pensent que la Belgique est une plaque tournante du rock européen, ils trouvent ça « très gentil » et « vrai » en fin de compte. Bert a une explication toute prête: « ça a quelque chose à voir avec le fait que le chauvinisme n'existe pas en Belgique. A Bruxelles, tu entends dix langues dans une journée. On est influencé par nos voisins! »
Bon, les mecs sont contents d'être à Paris bien qu'un peu fatigués par le marathon-presse. Ils racontent ce qui vient après, moi ce qui vient avant. « -On discute pour faire un Taratata. -Vous en avez déjà fait un, non? - Huuu!! » grimace Bert. Visiblement, c'est pas un super souvenir. « On était obligé de chanter en français, c'est pas top », précise Renaud (ils ont chanté le Vent nous portera avec Cali, NDLR). Mais ils adorent Nagui, sa façon de rebondir sur les questions, d'aller au fond des choses, d'être passionné de musique. «J'adorais « n'oubliez pas votre brosse à dent », c'était décadent d'offrir de l'argent comme ça », se rappelle Renaud.
Bert, c'est l'homme au Rubik's cube sur la pochette de l'album. On cherche une explication. « Un album est un peu comme un rubik's cube. Un mélange, un mix de couleurs. Il faut d'abord chercher. Une fois que c'est assemblé, c'est bien fini, bien cuit! » Un peu comme notre interview, quoi!
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