dimanche 28 mars 2010

Absynthe Minded, ou comment le rock belge s'impose doucement en France

Jazz, rock, swing, voix chaloupée, côté rétro et, en même temps, tellement avant-garde. Absynthe Minded réussi un mélange que seule leur histoire respective leur permet. Renaud a une formation jazz (tzigane et klezmer, tient-il a préciser) comme Jakob Nachtergaele, alors que Bert ne connaissait pas le jazz avant de rencontrer les membres de son groupe. « Enfin j'en avais déjà entendu parler » corrige Bert. « Mon oncle m'avait prévenu que quand on écoute du blues, on finit avec le jazz. »

Absynthe Minded s'est fait connaître en hexagone avec Introducing en 2008, un album qui réunit 13 titres de leur 3 albums. Selon Renaud, « on ne peut pas encore dire que c'est le wouwawawawaw » avec le public français, « mais il est curieux et il a faim de plus ». En parlant de faim, Bert semble affamé. Pendant toute l'interview, il grignote des chips et des olives.

Si en France ils sont encore de petits nouveaux sur la scène rock, en Belgique, le succès leur sourit déjà depuis quelques années. « On est des superstars » s'exclament en cœur Bert et Renaud. On remplit des salles « jusqu'au plafond ». Il est vrai qu'Absynthe Minded a remporté quatre Music Industry Awards, l'équivalent de nos Victoires de la musique (dont meilleur disque, meilleur groupe et meilleur single) et que My heroics part one, la chanson qui a marqué le début de leur succès, est considéré par Radio Brussel (la radio flamande ayant la plus grosse part de marché sur les 15-35 ans) comme la meilleur chanson de la décennie.

Pour Absynthe Minded (l'album), Absynthe Minded (le groupe) a travaillé avec Jean Lamoot, le producteur de Noir Désir, Alain Bashung, Etienne Daho, Arthur H, que des grosses pointures, en somme. « C'est ce genre de personne dont on a besoin parce que notre style est très divers. Il faut un manitou qui tire une surprise de son sac et qui fait quelque chose de magique. Et ça, Jean, il sait faire! » L'alchimie entre le groupe et le producteur semble fonctionner. L'album est tantôt léger, tantôt profond. Il alterne un jazz à la Harry Connick Jr avec un pop-rock teinté Beatles.

Quand on leur dit que certains pensent que la Belgique est une plaque tournante du rock européen, ils trouvent ça « très gentil » et « vrai » en fin de compte. Bert a une explication toute prête: « ça a quelque chose à voir avec le fait que le chauvinisme n'existe pas en Belgique. A Bruxelles, tu entends dix langues dans une journée. On est influencé par nos voisins! »

Bon, les mecs sont contents d'être à Paris bien qu'un peu fatigués par le marathon-presse. Ils racontent ce qui vient après, moi ce qui vient avant. « -On discute pour faire un Taratata. -Vous en avez déjà fait un, non? - Huuu!! » grimace Bert. Visiblement, c'est pas un super souvenir. « On était obligé de chanter en français, c'est pas top », précise Renaud (ils ont chanté le Vent nous portera avec Cali, NDLR). Mais ils adorent Nagui, sa façon de rebondir sur les questions, d'aller au fond des choses, d'être passionné de musique. «J'adorais « n'oubliez pas votre brosse à dent », c'était décadent d'offrir de l'argent comme ça », se rappelle Renaud.

Bert, c'est l'homme au Rubik's cube sur la pochette de l'album. On cherche une explication. « Un album est un peu comme un rubik's cube. Un mélange, un mix de couleurs. Il faut d'abord chercher. Une fois que c'est assemblé, c'est bien fini, bien cuit! » Un peu comme notre interview, quoi!


Et aussi sur Streetpress.com :

Absynthe Minded: « Un album, c'est comme un Rubik's cube »

Alice au pays des merveilles, de Tim Burton

Critique: Alice au pays des merveilles, de Tim Burton | Vendredi 26 Mars 2010 sur StreetPress.com

Tim Burton adapte le célèbre conte de Lewis Caroll à sa sauce. Pourtant rien de merveilleux là-dedans.

mardi 19 janvier 2010

lundi 18 janvier 2010

Un dimanche à couvrir la manif "pro-vie" pour Street Press


Ce dimanche midi, je dois bien me résoudre à quitter la douce chaleur de mon lit pour aller travailler. Le programme n'est pas des plus réjouissants : la manif "pro-vie" (euphémisme pour radicalement anti-avortement). Après quelques minutes de nausée, je les trouve plutôt marrant. La marche se transforme en véritable fête sur la musique de Goldman, Balavoine, Madonna et Scarlett Johansson. Seul problème, les slogans sont particulièrement efficaces et trottent encore dans l'esprit des heures après les avoir entendu.

dimanche 10 janvier 2010

Bonne année 2010

"Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir, et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns.
Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer, et d'oublier ce qu'il faut oublier.
Je vous souhaite des passions.
Je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite de résister à l'enlisement, à l'indifférence,
aux vertus négatives de notre époque.
Je vous souhaite surtout d'être vous."

Jacques Brel

jeudi 7 janvier 2010

La Tribune

On m'avait prévenu. Il y a une chose à laquelle je ne pourrais pas échapper en faisant du journalisme : la rubrique éco. Alors pour ma première fois, j'ai décidé de viser haut. Me voilà toute fière d'avoir mon nom dans La Tribune, rien que ça, et sur un sujet aussi palpitant que les relations France/Chine qui plus est!

Pour les curieux et/ou téméraires, voici les liens :

Le savoir français pour les transports en commun chinois

BNP Paribas mise sur la Chine

François Cristofari : "Tout nous est encore possible"

Simon Pinto : "Les entreprises cherchent un "co-pilote" dans la gestion de leur flux"

Combien coûte la magie de Noël?

Voilà une question que je m'étais toujours posé. J'ai donc mené ma petite enquête auprès des payeurs.

Article paru sur lejdd.fr le 23 novembre 2009

Charlotte Gainsbourg allume les Champs-Elysées lundi. Cette année, 2,5 millions d'euros seront déboursés pour illuminer les rues Paris.

La ville lumière va s’allumer cette semaine. Chaque année fin novembre, les rues de Paris se parent de kilomètres de guirlandes et les grands magasins arborent mille couleurs pour donner vie à la magie de Noël. Entre le prix du matériel, sa mise en place et la consommation électrique, cette féerie de lumières coûte près de 2,5 millions d'euros aux commerçants et à la Ville.

Lundi à 18h30, Charlotte Gainsbourg, la marraine 2009 des illuminations des Champs-Elysées, donnera officiellement le coup d'envoi des festivités. En compagnie du maire Bertrand Delanoë, elle appuiera sur le bouton pour teindre de fushia «la plus belle avenue du monde». L’événement est devenu un rituel, qui s’inscrit dans l'opération « Paris illumine Paris ». Depuis trois ans, la mobilisation des associations de commerçants et de l’Hôtel de ville a permis de passer d’une quarantaine de rues mises en lumière dans les vingt arrondissements à près de 150 aujourd’hui.

La ville a déboursé cette année près de 750.000 euros de subventions pour les illuminations de Noël, soit un peu moins de 30% de la facture acquittée par les 80 associations de commerçants. Chaque année le budget est revu à la hausse. En 2007, la mairie de Paris avait accordé autour de 680.000 euros d'aides.

Depuis 1981, le comité des Champs-Elysées -aujourd’hui dirigé par Jean-Noël Reinhardt, le Pdg de Virgin- tient à offrir à l'avenue une décoration à la hauteur de sa réputation. Chaque hiver, une pluie de lumière s'abat donc sur ses 2,2 kilomètres et ses 400 arbres pour un budget dépassant le million d'euros. La mairie de Paris prend en charge 10% de la facture globale, soit 120.000 euros.

170 chalets sur les Champs

Dans un souci à la fois économique et écologique, les ampoules sont changées au fur et à mesure par des LED (diodes électroluminescentes). Sur les Champs, la consommation totale d'électricité passera ainsi de 570.000 Kw en 2006 à moins de 50.000 Kw prévus pour cette année. La facture, elle, a été réduite à moins de 10.000 euros pour toute la période des fêtes, soit la consommation annuelle de douze familles parisiennes, selon Edouard Lefebvre, le délégué général du comité des Champs-Elysées.

Cette association entend faire de ce quartier un pôle d'attraction incontournable au moment des fêtes de fin d'année. Elle a donc mis en place, avec Marcel Campion, un marché de Noël -inauguré mercredi- qui compte 170 chalets et exposants, un village d'artisans et cinq animations comme Ice Magic et la fameuse grande roue du forain, sur la place de la Concorde. Cette activité constitue une source de revenu non négligeable pour la Ville: s’installer sur ce prestigieux site coûte 150.000 euros ; la mairie empoche également 8% du chiffre d'affaires réalisé par les animations.

Certes les illuminations de la capitale coûtent cher, à la fois à la municipalité et aux commerçants, et cette débauche de lumière est contestée par des associations écologistes. Mais elles contribuent à l’atmosphère de fête qui attire plusieurs millions de personnes chaque année à Paris. Pour la mairie, accorder des subventions est aussi un moyen de soutenir le dynamisme des commerces de proximité. Faire briller la ville lumière a un prix, mais, selon Edouard Lefebvre, "ça en vaut la peine".


http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Combien-coute-la-magie-de-Noel-152600/

L'égalité des sexes expliquée aux ados

Un de mes articles paru sur lejdd.fr le 28 novembre 2009


L'association Paroles de femmes a conçu un programme à destination des collèges pour lutter contre les discriminations sexuelles et les violences.

Intervenir dès l'école. Voilà le credo d'Olivia Cattan, la présidente de Paroles de femmes, une association qui lutte contre toutes les formes de discriminations sexuelles. Depuis près de deux ans, elle se rend chaque semaine dans des collèges d'Ile-de-France pour parler des violences faites aux femmes et tenter de faire évoluer la situation par l'éducation. Mercredi, à l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le Premier ministre François Fillon a désigné ce combat "Grande cause nationale 2010". Et il y a urgence. En France, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son compagnon. Le projet de Paroles de femmes est né du constat qu’à l'école déjà, il y a les prémices de cette violence entre garçons et filles: les insultes fusent, parfois plus.

Olivia Cattan reçoit de plus en plus de demandes de collèges. Le module de prévention, qui s'étale sur un an à raison d'une heure par semaine, est conçu pour laisser une grande place à la parole de l'élève. Ainsi, les cours théoriques et les petits exercices pratiques alternent. Les jeunes s'expriment puis l'intervenante travaille avec eux sur les thèmes abordés. Des ateliers slam vont bientôt être mis en place. "S'exprimer fait évoluer les jeunes, il y a moins de violence et plus de dialogue", témoigne la présidente de Paroles de femmes.

Elargir le dispositif au primaire

"Il est important d'agir à l'âge où la violence et les discriminations naissent, quand on peut encore changer les choses", poursuit Olivia Cattan. C'est pourquoi Parole de femmes aimerait élargir le dispositif aux écoles primaires. Les rapports de force entre les sexes ne sont pas le seul sujet abordé. Au programme, on trouve aussi la laïcité, le racisme, la citoyenneté... Des sujets qui se rejoignent, selon les intervenantes.

Dans un pays où une femme sur dix est victime de violences, il peut sembler délicat d'en parler à des adolescents. Pourtant Olivia Cattan est claire: "Ils ont déjà eu des rapports à la violence. Ils racontent même parfois celles qu'ils ont subies ou commises." Le but de l'intervention est de montrer à l'enfant une alternative, de l'aider à canaliser son agressivité. Les garçons prennent conscience de ce qu'ils peuvent infliger aux filles. Et elles comprennent qu'elles doivent réagir, parler. Dans les classes, beaucoup de préjugés circulent, des phrases choquantes peuvent surgir à tout moment. Olivia Cattan veut croire que son action a une influence. Mais elle reconnaît que les jeunes ne participent pas de la même manière et n'ont pas la même réceptivité. "On met une petite graine dans leur tête et on attend de voir si ça pousse."



http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/L-egalite-des-sexes-expliquee-aux-ados-153969/